la domination sexuelle des femmes: encore aujourd’hui

J’ai écrit cet article pour l’association Osez le Féminisme ou nous menons une réflexion sur la sexualité aujourd’hui dans le but d’aider les femmes à sortir de la domination sexuelle masculine. Depuis les années 70 , cette domination à cédé un peu de terrain sur le plan social mais peu sur le plan sexuel ou la femme reste souvent esclave des pratiques sexuelles masculines notamment dans la dévalorisation de ce qu’on appelle « les préliminaires ».

Et malheureusement quand elle réussit à s’émanciper c’est souvent pour copier la sexualité masculine en adoptant une sexualité phallique. Là encore elle n’affirme rien de la spécificité du désir et du plaisir féminin.

L’enjeu de cette libération sexuelle qui n’a pas encore eu suffisamment lieu est énorme car si la femme affirme la spécificité de sa sexualité , elle cesse d’être l’objet de la jouissance masculine pour devenir sujet de sa sexualité. Elle cesse d’être objet à tous points de vue: sexuel, affectif, social, professionnel car elle ne veut plus « faire comme » lui impose l’homme mais juste différemment.

séance d'art-thérapie et de psychanalyse Versailles 78 Cécile Orsoni
Séance d’art-thérapie: autoportrait de femme

Dévalorisation des préliminaires et survalorisation du coït

Les préliminaires désignent couramment les pratiques sexuelles qui précèdent l’acte sexuel proprement dit : la pénétration. Comme si la sexualité se réduisait à la pénétration . Quelles pratiques exactement ?

Il s’agit de baisers, de caresses sur tout le corps,  y compris sur le sexe, de cunnilingus, de fellation, du contact peau contre peau, du fait de se serrer l’un contre l’autre. Ce sont des gestes ou la tendresse rentre souvent en ligne de compte avec les sons, les odeurs, les mots échangés. Dans les préliminaires c’est toute notre sensualité qui est en jeu.

Le mot de « préliminaires » indique ce qui arrive avant, ce qui prépare à l’acte sexuel mais ne fait pas vraiment partie de l’acte sexuel. Ces pratiques sont donc considérées comme moins importantes que la pénétration qui serait la finalité même de l’acte sexuel, son apogée. Elles sont considérées comme un préalable dont on peut se passer.

Le coït  serait plus important que les préliminaires parce qu’il serait censé procurer le maximum de jouissance à l’homme comme à la femme.

D’où vient cette idée que c’est dans le coït que l’homme et la femme jouissent le plus ?

Sans doute de l’idée très ancienne que le plaisir sexuel a pour but la reproduction. Car c’est par la pénétration du pénis dans le vagin que peut avoir lieu la fécondation c’est-à-dire la fusion de l’ovule et du spermatozoïde et donc la conception d’un enfant . Ainsi pour Freud et pour bon nombre de religions aujourd’hui la finalité du plaisir sexuel c’est la reproduction. Comme si la nature avait créé le plaisir sexuel dans le seul but de la reproduction. Le plaisir sexuel n’est admis que dans le cadre de la reproduction.

Les préliminaires sont donc dévalorisés dans notre société car ils sont censés apporter moins de plaisir aux deux sexes que le coït. Pour cette raison, les préliminaires sont souvent très rapides entre hommes et femmes parce qu’il faudrait vite passer « aux choses sérieuses ».

Le peu de temps accordé aux préliminaires satisfait t-il les deux sexes ? La réponse est non. Les femmes se plaignent très souvent du peu d’attention tendre et érotique de leurs partenaires masculins, celui-ci voulant très vite passer à la pénétration et semblant s’ennuyer dans les caresses et les baisers. Les femmes se plaignent de ne pas être assez excitées pour la pénétration et prennent alors peu de plaisir dans le coït . Pourquoi ?

Parce que le plaisir sexuel féminin est très différent du plaisir sexuel masculin.

Les femmes pour jouir ont besoin de douceur, de caresses sur tout le corps, de contact peau à peau, de gestes doux et lents car elles jouissent surtout par le toucher.  Pour elles la pénétration par le pénis est un plaisir de toucher parmi d’autres, une pénétration parmis d’autres. Pour jouir une femme n’a pas forcément besoin de coït, contrairement à l’homme qui a besoin de la pénétration pour jouir c’est-à-dire pour éjaculer. Si l’homme peut apprécier les préliminaires il devient vite obsédé par l’idée du coït qui permettra  ce mouvement de bas en haut sous la pression du vagin et ensuite de l’éjaculation.

Ainsi lorsqu’on dit que le maximum de plaisir est atteint par la pénétration pour l’homme comme pour la femme on parle essentiellement du plaisir masculin et on fait comme si le plaisir féminin été identique ! On impose aux femmes un mode de jouissance masculine qui permet aux hommes de maintenir leur domination sexuelle en niant la spécificité du plaisir féminin.

Il est donc faux de dire que les préliminaires sont moins valables pour le plaisir que le coït. Cette assertion ne concerne que les hommes qui veulent faire croire aux femmes que le coït est aussi pour elle la meilleure façon d’avoir un orgasme. Ils peuvent ainsi continuer à jouir tel qu’ils le souhaitent, en toute bonne conscience, mais pas les femmes.

Pour une femme croire que seul compte la pénétration, c’est renoncer à son plaisir spécifiquement féminin en essayant de jouir comme un homme. Mais ça ne marche pas !

La femme-objet

Sauf dans le cas d’une sexualité perverse ou la domination masculine a été intériorisée sous la forme du masochisme : il s’agira alors pour la femme de jouir en tant qu’objet passif soumis à toutes sortes de pénétrations avec violences. C’est la sexualité des films pornographiques ou il s’agit d’une sexualité sans préliminaires c’est à dire d’une sexualité sur le modèle d’une jouissance uniquement phallique.

Essayer de jouir comme un homme mène souvent la femme à la frigidité. Ainsi beaucoup de femmes disent avoir peu désir et peu de plaisir. La frigidité des femmes vient du fait qu’elles ne connaissent pas les spécificités de leur sensualité par ce qu’elles se laissent imposer des fantasmes, des gestes, des pratiques propres à la libido masculine.

Les hommes ignorent aussi ce qui fait plaisir aux femmes, croyant comme elles que c’est forcément par le coït qu’elles atteindront l’orgasme. Cette survalorisation du coït permet aux hommes de continuer à pratiquer leur sexualité sans tenir compte du plaisir féminin autre , tout en assurant en même temps le culte du phallus et le culte du sperme dans la reproduction. Car c’est le phallus qui a le primat de l’activité dans le coït, la femme étant priée de se laisser « prendre ». En effet le vagin est essentiellement vu dans le coït comme une gaine passive dans laquelle s’affaire le pénis . Par la survalorisation du coît  l’homme se rassure donc sur sa virilité, la pénétration par le pénis étant croit-il le seul moyen pour la femme d’obtenir la jouissance. La virilité est ici la capacité à donner du plaisir en même temps que la capacité de procréer. Le sexe de la femme est vu comme un réceptacle passif au sexe de l’homme seul  réellement actif dans le fait de « donner du plaisir » et de « faire des enfants ».

Si le coït est survalorisé, les « préliminaires » sont donc dévalorisés. Si la jouissance masculine est valorisée, la jouissance féminine est dévalorisée depuis des siècles ; d’où le terme de « préliminaires » désignant ce qui dans la pratique sexuelle est anecdotique et négligeable. Mais anecdotique pour qui ? Certainement pas pour les femmes. Car les baisers, le peau à peau, les caresses y compris sexuelles, sont au contraire les pratiques les plus importantes du plaisir féminin qui souvent ne dissocie pas tendresse et sexualité. Tous ces gestes tendres et érotiques font au contraire partie intégrante de la sexualité humaine , la pénétration n’étant qu’un geste parmis d’autres.

la pornographie

Mais les hommes ont souvent tendance à dissocier tendresse et sexualité pour affirmer un pouvoir viril, y compris entre hommes. Il s’agit de « posséder » le corps de l’autre par la pénétration sexuelle et visuelle. Ainsi les films pornographiques montrent-ils toujours des pénétrations en gros plan. Ils sont faits pour la jouissance masculine et non pour la jouissance féminine. Dans les scénarios des films pornographiques, il n’y a pas de préliminaires ou très peu. On passe très vite à la pénétration. Les femmes sont alors censées jouir tout de suite des qu’elle sont introduites par l’organe masculin entrant par tous les trous. Elles passent de mains en mains comme des objets. Ce statut d’objet passif, objet d’échange entre hommes est quelque chose qu’on retrouve aujourd’hui sur les sites pornographiques en accès libre sur Internet. Ces films sont visionnés par de nombreux adolescents et adolescentes qui prennent cela comme le modèle de la sexualité adulte. Que voit- on ? Des femmes manipulées, tournées, pénétrées dans tous les sens par des hommes et avec brutalité.

Il est étonnant de voir les rubriques de ces sites pornographiques. Par exemple : « petite salope se fait baiser par trois mecs ». Ces titres sont toujours sur le mode passif, autrement dit c’est toujours la femme qui est l’objet de jouissance de l’homme. Le sujet est toujours masculin  et l’objet est toujours féminin.

Lorsqu’on va dans la rubrique partie trois, ou à plusieurs, effectivement on a toujours deux hommes qui manipulent une femme ; jamais l’inverse. La femme « se fait baiser par l’homme » ou par « les hommes » et jamais l’inverse. D’autre part les scènes sexuelles se font toujours avec violence. On assiste donc au rapport sexuel sur le modèle du viol.

Les sites pornographiques correspondent en fait aux fantasmes masculins de domination sexuelle très valorisants pour le pénis. Mais en réalité les femmes jouissent plus par un toucher sur tout le corps que par un plaisir d’organe précis. Et lorsqu’elles ont du plaisir, elles ferment les yeux ;  pas besoin de films ni d’images.

Sans doute s’agit- il aussi d’un phénomène culturel, l’homme se devant toujours de dominer et de ne pas se laisser attendrir. La femme devant se laisser soumettre et émouvoir. Et  sans doute les hommes gagneraient-ils à redécouvrir cette partie de leur sensualité complètement refoulée ; celle des caresses, des baisers, de la tendresse, de la lenteur. Mais lorsqu’il se laissent aller à cette sensualité ils ont l’impression d’être une femme , quelle angoisse !

la femme doit devenir sujet sexuel

Les femmes ne doivent donc plus accepter ce terme de « préliminaires » qui nie la spécificité de leur jouissance pour mieux les asservir. Elles doivent inventer un autre mot pour ces pratiques.. Car la lenteur, la douceur, les baisers, les caresses sur tout le corps sont au contraire pour leur jouissance ce qu’il y a de plus important. Elles doivent revendiquer leur droit au plaisir et imposer aux hommes ce temps sensuel et érotique nécessaire à leur jouissance, c’est-à-dire devenir un sujet sexuel .Elles doivent refuser de croire à leur frigidité qui permet aux hommes de les traiter si facilement en objet puisque de toute façon «  elles ne ressentent rien » .

Dans Ce Sexe qui n’ en Est pas Un, la psychanalyste , philosophe et linguiste Luce Irigaray a été une des premières à dénoncer la violence sexuelle banale des hommes envers les femmes. Cette violence étant inscrite dans la sexualité  « de tous les jours » ou la femme abdique son droit au plaisir en renonçant à la spécificité de sa jouissance .

C’est dans la scène pornographique que se montre au grand jour la femme comme objet sexuel : « Femmes, ne faite plus un effort. On vous a appris que vous étiez propriété privée ou publique : d’un homme ou de tous. D’une famille, d’une tribu, d’un état, éventuellement républicain. Que tel était votre plaisir. Et que sans soumission aux désirs- d’un homme ou de tous- vous ne connaissiez pas de jouissance. Que celle-ci était pour vous , toujours liée à la douleur- mais que telle était votre nature. Lui désobéir revenant à faire votre malheur.

Mais votre nature était curieusement toujours définie par les seuls hommes, vos éternels pédagogues : en sciences sociales, religieuses ou sexuelles. » Ce sexe qui ’en est pas un, éditions de Minuit, 1977, p201.

Séances d’art thérapie et psychanalyse par téléphone

Cette période de confinement  nous met tous à l’épreuve. Plus que jamais nous devons faire preuve de créativité pour lutter contre la dépression. L’art thérapie a ici toute sa place ainsi que la psychanalyse. Créer et parler c’est être en relation symbolique avec l’autre. À défaut de pouvoir faire autrement, je continue les séances d’art thérapie et de psychanalyse par téléphone . Ces séances me soutiennent et soutiennent les personnes : la relation continue.

séance de psychanalyse et d'art thérapie par téléphone
Création d’art-thérapie pendant le confinement envoyée de Corrèze, avril 2020

L’oubli du corps et de la sensibilité

Plus que jamais nous réalisons notre besoin d’être en contact physique avec l’autre, en relation charnelle et non pas virtuelle parce qu’une relation humaine est une relation corps et âme et que l’un et l’autre ne peuvent se dissocier sous peine de déshumanisation. Le Corona virus nous fera peut-être réaliser qu’ aucune technologie, aucun robot, aucun e-mail ne saurait remplacer la rencontre entre deux êtres humains, en chair et en os. Lorsque le confinement prendra fin nous devrons tirer les conséquences de cette prise de conscience et lutter contre la déshumanisation croissante de la société et des relations humaines.

L’ordinateur nous fait oublier que nous sommes un corps en relation constante avec l’autre et la nature. Nous ne sommes pas des êtres tout-puissants capables de vivre sans les autres et sans cette nature que nous sommes en train de détruire. Respecter son corps, sa temporalité incarnée , respecter la nature et les animaux , c’est se respecter en tant qu’être humain doué de sensibilité. C’est accepter aussi que nous puissions être malades et confrontés à la mort, ce que la course internationale au profit veut nous faire oublier . Non l’hôpital, les maisons de retraite ne doivent pas  être des lieux de profit mais des lieux de soins ou le respect de l’humain doit primer. Arrêtons cette course pour retrouver notre sensibilité, être en harmonie avec notre corps, les autres, la nature. Acceptons notre affectivité c’est-à-dire notre ouverture au monde.

Psychanalyse et voix

Le langage du corps et du visage manquent mais la voix permet quand même une psychanalyse attentive qui passe par les mots, les intonations, les silences. Les émotions sont perceptibles à travers la corporéité de la voix que ce soit la mienne ou la vôtre. A mon sens la voix crée une relation plus profonde que la visioconférence qui est sans cesse parasitée par les problèmes technologiques comme le décalage du son et de l’image.

Art thérapie et photographie

Vous pouvez dessiner, peindre, modeler chez vous et pour ceux qui ont accès à la nature, faire du land art c’est-à-dire créer  avec des matériaux naturels. Vous pouvez mettre en scène vos créations et envoyer des photos juste avant la séance pour que nous puissions en parler.

La photographie devient alors un moyen d’expression créatif supplémentaire puisque vous vous exprimez aussi dans la prise de vue, le cadrage, la lumière, la mise en situation de vos oeuvres. Le choix des photos envoyées a aussi un sens. Lorsque nous sommes au téléphone, vous pouvez parfois dessiner et m’envoyer la photo en cours de séance.

Une relation thérapeutique à distance ?

Même si vous créez seuls chez vous la relation thérapeutique ne s’interrompt pas dans le sens où je suis présente symboliquement dans ce moment de création. En effet vous savez que vous aurez à m’envoyer des photos. Bien que je ne sois pas physiquement présente à ce moment-là, je suis présente à votre esprit .L’acte de création peut donc continuer à s’inscrire dans le cadre de la relation thérapeutique.

Il convient quand même d’être prudent dans ce dispositif étant donné que je ne peux pas vous accompagner au moment de la création. Les créations ne sont donc pas obligatoires entre chaque séance: il faut que vous « le sentiez »

Les séances par téléphone durent une heure ou deux une fois par semaine , nous expérimentons pour voir la durée qui nous convient.

Voici quelques photos de créations qui m’ont été envoyées récemment. Elles ont été le support de de séances  d’art thérapie et de psychanalyse qui sont toujours en cours.

séance de psychanalyse par téléphone pendant le confinement
Création d’art-thérapie pendant le confinement envoyée de Corrèze, avril 2020
séances de psychanalyse et d'art thérapie par téléphone pendant le confinement
Création d’art-thérapie envoyée de Corrèze, avril 2020
séances de psychanalyse par téléphone pendant le confinement
Création d’art-thérapie pendant le confinement envoyée du Limousin, avril 2020
Séance d'art thérapie et de psychanalyse à distance pendant le confinement
Art-thérapie, Limousin, avril 2020

Il y a aussi la rose

En cette période mortifère , il y a aussi le printemps ! Pour nous remonter le moral je vous propose une méditation sur la rose avec un très beau texte de Luce Irigaray.

« Il y a aussi, et encore, la rose. Puisqu’il faut bien tenter de demeurer un peu sur terre, sous le soleil, de s’épanouir et vibrer dans l’air, durer en obéissant au rythme des saisons. Efflorescence qui, mystérieusement, rappelle quelque chose du sang et de l’ange. Recommençant sans cesse, sans pourquoi, parce qu’il faut fleurir, ainsi le commande son cycle, et sans souci d’elle-même, ni désir d’être vue .Pur apparaître…

Il y a la rose, avant et après l’efflorescence. S’ouvrant toujours pour une première et dernière fois. Et, pourtant, le recueillement de ses pétales sait, par sa disposition toutes les roses antérieures et celles futures, mais sans double, ni mime. Quand elle s’entr’ouvre, elle connaît déjà l’ effeuillement, le repli, le recueillement. Non de sa fermeture, mais de son recouvrement. Ses pétales, sauf celles qui entourent ou enveloppent le coeur, celles de l’extrême bouche, reposent envers contre endroit (ou le contraire selon l’abord), dedans contre dehors, intérieur protégeant l’extérieur. Rassemblant ce qui a déjà eu lieu, les lèvres déjà ouvertes, offertes qui, en elle, se garderaient de la dispersion- celle du fils éloignant ses multiples jouets où, à chaque fois, sa mère, sa femme- mère, entières ou en lambeaux. Mémoire qui ne va pas sans deuil s’abriter aussi d’un dehors qui déborde le dedans pour lui faire toit, maison, revêtement, apparences. Ce qui peut tromper, induire en erreur et en errance sur ce qui va à l’extrême bouche, ou au coeur, ou à la source. La rose en soi – si cela peut encore se dire – serait imperceptiblement voilée, artificielle pour qui ainsi le veut ou la pense, de reposer dans ou autour d’un recueillement invisible : son plus secret calice ne se montre jamais, il se tient sous tous pétales déjà rassemblés. Quand ils offriront, dans une splendeur impudique, leur complète ouverture, le lieu où elle se retouchait elle-même, lèvres à lèvres, aura disparu. Vous ne le verrez jamais. Vous ne le verrez jamais dans ce qu’elle est ou a de plus intime. Peut-être est-il, est-elle parfois perceptible à ceux qui demeurent près d’elle, respirant l’espace qui l’entoure, qu’elle crée de cette caresse ou elle subsiste sans refus ? Dans un don qui se dispense à travers l’air sans jamais y apparaître comme tel et sans que quiconque puisse la prendre en main. Sauf à la perdre.

séances d'art thérapie 78, Versailles
Cécile Orsoni, encre sur papier, sans titre

Le coeur de la rose s’ouvre sans projet qui commande cette ouverture. Au coeur de la fleur, il n’y a rien – que le coeur. Il s’ouvre sans raison. Aucune téléologie ne commande l’éclosion des pétales. Elle ne sert à rien. Sinon au regard ? Quel regard ? Elle nous regarde d’où elle ne se représente pas. Regard encore vierge de toute présence fabriquée et reproductible. En un certain sens, elle est invisible et, pourtant, tellement plus visible que tout ce qui se représente. Elle n’est ni objet ni chose. Elle ne peut se parler en mots, même si un vocable la désigne dans la langue. Elle n’a pas de double. Elle se donne toujours pour la première et unique fois. Attire le regard dans sa contemplation. L’arrête – sans pourquoi. Il s’ouvre – sans raison. Baignée dans son efflorescence.

Mouvement sans forces. Traits déterminés sans la rigidité de l’application d’une énergie. Pétales à sans contours fermes. Finitude in – fini. Illimitée. Splendeur de l’imperfection. »

Luce Irigaray, La Croyance Même

Encres de Cécile Orsoni

Etre là: stage d’art-thérapie en Corse du 19 au 23 aôut 2020

Stage d’art thérapie en petit groupe dans la Castagniccia du 19 au 23 aout 2020: land art, dessin, écriture.  

Ce stage de 5 jours s’adresse à toute personne en recherche d’un mieux être et d’une meilleure connaissance de soi. A l’heure des ordinateurs nous perdons notre présence au monde et aux autres pour être toujours dans un ailleurs: un temps et un espace virtuel sans corps, sans émotions.

Il s’agira ici de créer via le land art qui met tout le corps en mouvement sur un site ou la nature nous fait signe de manière puissante. Une partie  du travail se fera à l’extérieur et l’autre en atelier.

Stage d'art thérapie en Corse aout 2020: land art et dessin

Photo prise sur le lieu du stage à Croce dans la Castagniccia

L’art – thérapie est une psychothérapie par la création artistique. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences artistiques. En effet le but recherché n’est pas l’acquisition de techniques mais l’expression de soi-même, le changement vers un mieux-être.

L’art thérapie permet de se trouver et de se reconstruire dans un temps de création, d’être aussi dans une dimension de plaisir et de lâcher prise ; un temps de jeu. Par la création nous transformons notre vécu parfois douloureux pour en faire quelque chose de positif ce qui conduit à l’expérience d’une revalorisation de soi. Le contact sensuel avec les matériaux naturels permet de se reconnecter au corps, aux émotions et aux images. L’acte de création dans la nature ( land-art) remet le corps et l’ esprit en mouvement .

Objectif 

Ce stage propose un travail d’introspection en petit groupe. Les participants seront invités à s’exprimer de manière individuelle à travers le land -art en extérieur, le dessin et l’ écriture  . Les émotions et les œuvres seront analysées en groupe.

Méthodologie

Il y aura une alternance de phases de création individuelle via le land art , le dessin, l’ écriture et d’analyse en groupe. Il s’agira de mieux se comprendre soi même en utilisant sa sensibilité et à sa créativité, chacun pouvant s’appuyer sur l’autre par l’analyse en commun des émotions ressenties et des créations .

L’approche psychanalytique des créations  permettra à chacun de remonter dans son passé pour mieux comprendre son présent ; chacun sera invité à associer à partir des créations, à exprimer et analyser ses émotions, à les interpréter. Dans une logique de recherche en commun, nous verrons comment le vécu de chacun raisonne avec celui de l’autre ; chacun permettant à l’autre de mieux se comprendre. En faisant part de ses associations par rapport à la création de l’autre chacun exprime son transfert et peut prendre conscience de ses propres projections

Déroulement

Chaque journée nous nous retrouvons à 10h , pause déjeuner ensemble de 13h à 14h30, reprise jusqu’à 17h. Prévoir un picnic à partager pour le déjeuner.

Jour 1 : Matin : ronde de présentation, qu’est ce que j’attends de ce stage ?  Jeu pour faire connaissance .Land art : création en pleine nature sauvage avec les materiaux naturels : pierre, branche, feuille, lumière, terre, eau etc…Prise de photo des œuvres.

Pm : analyse en commun des œuvres de land art. Travail d’écriture automatique et création d’un texte  sur un carnet de voyage individuel. On donne un titre à la journée.

Jour 2 : Matin :on se retrouve autour des photos et des croquis et chacun parle de son ressenti par rapport à la veille, de rêves éventuels et du regard qu’il porte aujourd’hui sur sa création.. Land art et prise de photo

 Pm : analyse en commun des oeuvres. Travail d’écriture automatique et création d’un texte  sur un carnet de voyage individuel. On donne un titre à la journée.

Jour 3 : idem.

Jour 4 : idem.

Jour 5 : Matin : création collective de land art symbolisant le chemin parcouru pendant ces 4 jours.

Pm : analyse en commun de la création fin pm : Pot de clôture du stage apéro dinatoire

photos du stage 2018

stage d' art thérapie aout 2020 land art et dessin en Corse
Site de la chapelle Saint Christophe

Renseignements pratiques

Inscriptions avant le 20 mars 2020  (à cause des gites qui sont très prisés ) auprès de Cécile Orsoni : 06 78 73 94 48.

Nombre de participants limité: 8 personnes maximum.

Dates : du 19 au 23 aout 17h. Rdv la veille le 18.

Lieu : village de Croce dans la Castagniccia. Ce village est un village ancien et typique de la Castagniccia, la région la plus verte de Corse à cause de ses chataîgners sous lesquels on peut faire la sieste à l’ombre. De magnifiques randonnées et promenades partent du village .La plage est à 30 mn de route du village ainsi que la magnifique cascade de Carchetto. La richesse et la beauté du paysage à proximité nous permettra de varier les lieux de land art.

Coût du stage 5 jours : 340 euros, matériel compris. les repas, logements et transports ne sont pas compris.

Logement : gites communaux de Croce, attention faire très vite pour réserver ! Je mettrais en contact les personnes intéressées pour louer ensemble

Je crois qu’il reste ces gites à louer : https://www.gites-corsica.com/location-de-vacances-en-Corse-a-Croce-Gite-20G61301.html

Sinon regarder sur Airbnb . Villages les plus proches: la Porta, Campana, Piédicroce

Transports : aéroport de Bastia, puis louer une voiture à l’ aéroport. De l’ aéroport passer par Folelli pour monter à la Porta puis à Croce.

Pour une psychanalyse féministe

Comment ne pas relayer dans la cure psychanalytique la domination patriarcale ?

Depuis des années je reçois des femmes de tous âges qui souffrent encore d’une dévalorisation de leur sexe. J’essaye dans ma pratique de psychanalyste et d’art-thérapeute de les aider à se donner estime de soi , autonomie ,  liberté par rapport au système patriarcal encore dominant . Il ne s’agit pas d’une psychanalyse féministe qui pousserait les femmes contre les hommes mais qui tenterait de donner à chacun sa place à partir de nouveaux critères hors de toute logique de domination.

Le féminisme est plus que d’actualité. Il suffit de penser aux mouvements comme Me too.. ou Balances ton Porc , au Consentement le livre de Vanessa Springora , au scandale qui est en train de sortir : l’exploitation sexuelle des jeunes sportives par leurs coachs.

Comment permette à la femme qui souffre de trouver et de créer sa place de femme à l’intérieur même du dispositif psychanalytique ?

Je ne suis pas d’accord avec la théorie freudienne de la sexualité féminine et de l’identité féminine. Je ne suis pas non plus d’accord avec la notion du Phallus selon Lacan. Je m’interroge aussi sur la « neutralité » du psychanalyste : ne jamais parler de soi n’est-ce pas rester dans une situation de pouvoir trop importante par rapport à la personne qui se livre? Ne pourrait-on pas  parler de son contre-transfert de temps à autre comme le faisait Ferenczi ? Y aurait-il une façon de mener la cure, un langage à créer, un type d’écoute qui permettrait aux femmes de s’affirmer comme telles ? De sortir d’un discours psychanalytique patriarcal? Pour ces questions je renvoie aux recherches remarquables de Luce Irigaray. Toutes les femmes devraient la lire.

Luce Irigaray

Il ne s’agit pas d’exclure les hommes  : je reçois des hommes autant que des femmes . Les hommes souffrent aussi de ces rôles qu’ils ont à jouer pour ne pas perdre leur « virilité » du moins celle définie par le patriarcat : la dureté, le fait d’être insensible et donc fort . Il ne s’agit pas non plus de désigner les hommes comme des ennemis à abattre par ce que les valeurs patriarcales sont aussi relayées par des femmes, des mères qui éduquent leurs enfants dans ce sens depuis des générations.

Mais en 2020 l’exploitation et l’appropriation va toujours dans le même sens : celle des femmes par les hommes. C’est donc  la souffrance des femmes qui est d’abord à prendre en compte . Ainsi la femme continue-t-elle de perdre son nom dans le mariage pour revêtir celui de son mari. À travail égal  les femmes sont moins payées que les hommes, elles ont moins de droits que les hommes. Aujourd’hui en France un homme peut faire congeler ses spermatozoïdes sans aucune justification à donner ; une femme doit donner une justification. Ce qui signifie  que la femme ne s’appartient pas encore totalement .

Le phallocentrisme de Freud et de Lacan

La psychanalyste , philosophe et linguiste  Luce Irigaray  a soulevé le problème du  phallocentrisme de la psychanalyse. Elle s’interroge  sur les conditions d’une psychanalyse qui ne relayerait pas la domination masculine mais permettrait à la femme d’exister en tant que telle.  Dans Spéculum de L’autre Femme  (1974) et dans Ce Sexe Qui N’en Est Pas Un (1977) elle montre que pour Freud et pour Lacan « la femme n’existe pas ». Elle remettait ainsi en question le pouvoir patriarcal dominant au sein même de la psychanalyse, à commencer par celui de Lacan. Ce qui lui valut d’être exclue par celui-ci de l’Ecole Freudienne et de l’université Paris-VIII où elle enseignait. Quelle plus belle preuve pouvait elle obtenir de la véracité de son discours ?

La petite fille est un petit garçon raté

Pour Freud nous dit-elle, la petite fille n’est jamais qu’un petit garçon « manqué » car par exemple le clitoris est un petit pénis raté. Tout le développement de sa féminité n’aura pour seul but que de pallier à cette infériorité : compenser symboliquement le manque de pénis soit en ayant un enfant soit en tentant de ressembler à un homme en tant que lesbienne soit en devenant l’esclave indispensable de l’homme dans le mariage.

Ainsi pour Freud la femme n’a pas de valeur propre Elle n’a de valeur que dans sa relation à un homme d’où l’obsession encore actuelle des femmes pour se trouver un mari et donc une valeur sociale. La prime de valeur ajoutée c’est d’avoir des enfants de son mari et si possible des garçons. De même la femme n’a pas de sexualité propre puisqu’elle est un garçon en moins bien et que selon Freud il n’y a de libido que masculine. ( cf Sigmund Freud La Féminité ) Dès lors la seule sexualité qui lui reste c’est de s’approprier la virilité en se soumettant aux désirs de l’homme et par ce biais en lui devenant esclave indispensable, de considérer son sexe et tout son corps uniquement comme écrin indispensable au pénis- Roi Elle peut aussi devenir lesbienne en s’identifiant à un homme qui aimerait des femmes masculines. En effet que peut- on aimer d’autre que l’ homme ?

D’ailleurs pour Freud devenir une femme « normale », c’est-à-dire une « vraie » femme c’est pour la petite fille haïr sa mère pour tourner tout son amour vers le père ce qui permet la réalisation du complexe d’OEdipe et sa résolution dans le fait de se tourner vers un homme autre que le père à l’ adolescence. Le mari devient alors le substitut de père pour la femme et la femme le substitut de mère pour l’homme. Dans tous les cas comme l’a dit Lacan : « la femme n’ existe pas ».

La femme -enfant-mère

En effet elle n’existe pour son mari et aux yeux de la société que comme mère de son mari  et de ses enfants ou comme enfant de son mari. D’où les innombrables clichés de « la femme enfant », dépendante financièrement, capricieuse, pas très futée, mais tellement mignonne et toujours jolie. La Bimbo ! En effet comment peut elle se valoriser en dehors de la séduction physique ? La seule chose que l’homme lui demande c’est d’ être toujours apprêtée et jolie pour lui plaire et ainsi se valoriser lui de ce bel objet sexuel auprès des autres hommes: « Sois belle et tais toi »;

D’ailleurs la sainte vierge dans la religion chrétienne n’est jamais vue comme femme ayant une sexualité proprement féminine, mais uniquement comme mère du Christ et vierge de toute relation sexuelle. De ce fait elle est l’emblème même du patriarcat : elle n’ a de valeur et d’existence qu’en tant que mère du christ ( un garçon ) ou comme propriété de Dieu ( un garçon). Elle appartient au père  en tant qu’enfant puisqu’elle reste vierge : n’y aurait- t il pas là un inceste approuvé mais caché ? Ou alors elle appartient au fils en tant que mère.

« L’humanité » de l’homme vient de l’homme,  pas de la femme

Pour Lacan « le Phallus » symbolise la culture, la loi bref tout ce qui a une valeur proprement humaine et qui promeut l’enfant au statut d’être humain social. Ainsi le père est celui qui sépare l’enfant de la fusion avec la mère, fusion qui risquerait de le rendre définitivement inapte au devenir humain social, qui le ferait sombrer dans la psychose c’est-à-dire l’indifférenciation d’avec la mère. Pourquoi la culture ne serait elle pas symbolisée par « la vulve » ? Parce que la femme est toujours du côté de la « nature » , elle n’est jamais vue que comme une mère -terre reproductrice, matrice, nourricière qui comble les besoins premiers de l’enfant mais ne le promeut certainement pas à la culture. La femme ne transmet pas la culture à l’enfant, ceci reste l’apanage de l’homme. Pour devenir un adulte humain, fille ou garçon, doivent se séparer de la mère comme on jette un placenta à la poubelle et s’élever vers les hautes sphères sociales et intellectuelles en oubliant corps, sensibilité et affects.

« Par ce que je le vaux bien »

La femme s’autorise rarement à vivre pour elle en dehors des soins esthétiques comme le dit si bien la publicité L’Oréal: « Parce que je le vaux bien » . Elle vaut bien d’avoir une belle coiffure…. mais c’est tout!

Beaucoup de femmes ne savent pas prendre du temps pour elles par ce qu’elles ont alors le sentiment d’une perte de temps. Ce sentiment vient de l’idée qu’elles ne méritent pas d’intérêt ni d’égard particulier par ce qu’elles sont persuadées de leur non valeur:  » Oh moi ce n’ est pas grave.. » « Moi ce n’ ‘est pas grave » si je ne jouis pas, si je suis fatiguée, si je gagne moins d’argent que mon collègue, si je mange la plus petite part du repas. Sexuellement et socialement elle n’a toujours vécu qu’en fonction des autres, les hommes.

Malgré des changements positifs allant vers l’ émancipation des femmes en France ( droit de vote en 1944, légalisation de l’ avortement en 1975 , de la contraception en 1967 ); il n’ en reste pas moins que dans notre société, la valeur suprême pour une femme c’est d’être mère. Alors quand les enfants partent du foyer familial, elle se sent moins que rien et sombre dans la dépression. Habituée à vivre pour ses enfants et son mari, elle ne sait pas vivre pour elle. Ayant peu d’existence sociale et professionnelle ou un travail à mi temps mal payé, elle n’ arrive pas à compenser suffisamment ce vide. .

Quand à la reconnaissance d’une sexualité féminine à part entière il reste encore beaucoup à faire et à dire sachant que l’ anatomie complète du clitoris n’est découvert qu’en 2016 et présent dans les manuels scolaires en France en 2017. A qui profite cet impasse sur l’ organe sexuel essentiel du plaisir féminin ?

Séances d’art-thérapie

Séances de psychanalyse

Pourquoi faire une psychanalyse?

psychanalyste Versailles, psychanalyse Yvelines, psychanalyste 78
Comprendre l’enfant en soi

On entame une psychanalyse pour aller mieux. Plutôt que de compter sur sa bonne étoile en espérant qu’un jour les choses s’arrangent par miracle; on décide de donner un coup d’accélérateur à son existence . Certes on peut réussir à changer par un long travail de réflexion mais souvent que de temps perdu à tourner en rond ! En effet vous n’irez pas au fond des choses tout seul par ce que vous ne vous y obligerez pas. Alors que la présence du psychanalyste vous y obligera par le cadre rassurant de la psychanalyse, par ses questions et par son soutien. Il vous aidera à analyser ce que justement vous avez du mal à aller voir et donc d’évoluer beaucoup plus vite.

Remonter aux causes

Il  existe de nombreuses psychothérapies .La spécificité de La psychanalyse : vous permettre de remonter aux causes de vos « problèmes ». En quoi comprendre permet de se sentir mieux ?

Le processus de prise de conscience permet de restaurer une maitrise de soi par ce que vous êtes alors moins dominé par des émotions contradictoires, des impulsions qui peuvent être très destructrices . Par exemple si vous êtes d’une grande susceptibilité et que vous vous mettez vite en colère, quand cette situation se répètera vous pourrez vous dire grâce à la psychanalyse:  » Je sais d’où cela vient, ce n’est pas cette personne en particulier qui me met en colère mais c’est par ce que ça me rappelle mon père qui me critiquait toujours.. » Alors votre colère va diminuer et vous vous sentirez fier de cette maitrise . Vous aurez donc aussi une meilleure estime de vous.

En intégrant la démarche psychanalytique vous intégrerez aussi un savoir psychologique sur vous même, vous aurez appris à connaitre votre désir et à faire confiance à votre réflexion. Vous devenez libre de vivre et de penser selon vos propres critères et non selon ce qu’on veut pour vous.

De plus le fait de parler de vos angoisses permet de les diminuer fortement . Pourquoi ? Par ce qu‘en la nommant l’angoisse ne circule plus librement dans votre esprit et dans votre corps ( ce qui est terrifiant ) mais elle est désormais liée à une représentation.

Enfin en apprenant à connaitre la part inconsciente de vous même vous retrouvez un sentiment d’unité c’est ce qu’on appelle « être en accord avec soi même « 

Quel enfant étiez vous?

La psychanalyse vous fera voyager dans votre enfance voire votre toute petite enfance (la vie intra-utérine en fait partie) pour comprendre les relations qui vous ont structurées et vous structurent aujourd’hui : relations avec vos parents, frêres et soeurs, grands parents, éducateurs etc..Elle vous permettra également de remonter à des évènements oubliés qui ont eu sur vous un impact et impactent encore votre présent.

Ce processus de l’analyse est un processus de prise de conscience , rendre conscient ce qui en vous agit inconsciemment et en comprendre le sens.  Pourquoi mes relations amoureuses tournent  à l’ échec? Pourquoi suis-je souvent déprimé? Pourquoi ais-je un tel manque de confiance en moi ?

On pourrait dire qu’il s’agit de comprendre quel enfant agit en vous et vous empêche de devenir celui que vous aimeriez être. Mais cet enfant a aussi de grandes ressources qu’il s’agit de remobiliser ! L’enfant que vous étiez et l’ adulte que vous êtes pourront grace à la psychanalyse travailler main dans la main. Vous vous sentirez moins coupé de vous même, fragile, plein de contradictions mais plus fort et plus « un ». C’est ce que Jung nomme le processus d’individuation

Arréter ce qui se répète

Le fait de comprendre d’où viennent vos problèmes vous permettra de prendre conscience des comportements négatifs qui se répètent dans votre vie et de diminuer cette répétition voire d’y mettre fin.

Par exemple si vous constatez que vos relations amoureuses finissent toujours par une rupture vous pouvez grâce à la psychanalyse comprendre pourquoi vous vous mettez toujours dans une situation de rupture. « Vous êtes vous senti abandonné par votre mère quand vous étiez enfant?  » Si cela se répète c’est vous qui le cherchez! Mais pourquoi puisque vous en souffrez?

Votre inconscient vous pousse à répéter un traumatisme pour essayer de le résoudre:  » cette fois ci je ne serais pas abandonnée ». Oui mais il faut changer quelque chose dans la situation répétée pour que l’issu soit positive. Peut être aller vers une personne moins susceptible de vous abandonner, qui n’aurait pas le même profil que votre mère…Et pour changer quelque chose à cette répétition du trauma il faut d’abord comprendre toutes ses implications affectives, relationnelles, existentielles pour l’enfant que vous étiez et l’adulte que vous êtes.

Au fond c’est sans doute une très vieille scène qui se rejoue et peut être qu’elle remonte à d’autres générations: celle de vos grands parents , de vos arrières grands parents?

Celui qui fait une psychanalyse pourra rompre la chaine de la répétition traumatique et arrêter de la transmettre aux générations futures. Sur ce point je renvoie au livre remarquable d’Anne Ancelin Schützenberger : AÏe mes AÏeux!

J’aime beaucoup la photo de famille qui figure sur la couverture de ce livre, on voit aux expressions des visages et aux attitudes corporelles qu’ils ont bien un soucis commun!

psycho-généalogie , Versailles 78 Yveline, psychanalyse transgénérationnelle Versailles 78 Yvelines, psychanalyste Versailles

Article sur la psychanalyse que je pratique

Art-thérapie : pourquoi interpréter son oeuvre ?

En quoi cela  vous aide d’interpréter votre création lors d’une séance d’art thérapie ?

Je vous donnerais un exemple en vous proposant d’analyser la peinture ci dessous qui a été réalisée lors d’une séance individuelle d’art thérapie par F dont je vous ai communiqué le très beau texte.

séance d'art thérapie  pour adulte, Versailles, Paris

 Il ne s’agissait pas ici de la première séance, d’autres dessins avait été fait avant et d autres seront faits après. Cela signifie que cette peinture prend sens avec la psychothérapie psychanalytique et les peintures qui l’ont précédées ainsi que celles qui l’ont suivies : l’interprétation que je vais en donner se fait donc en fonction de tout le travail qui entoure cette peinture. Elle ne peut être isolée de ce contexte.

Cette peinture symbolise un moment particulier de la thérapie où j’avais proposé à F de faire des autoportraits d’elle à plusieurs âges : enfant, adolescente, femme d’âge mûr. ici elle se représente telle qu’elle est maintenant: une femme d’âge mur.

Interpréter par la technique de l’ association libre

En fin de séance arrive le moment d’interpréter la peinture réalisée, pour cela j’utilise la technique psychanalytique de l’ association libre : dire sans retenue ni jugement tout ce que lui inspire sa peinture même si cela parait absurde. Or avec F nous constatons que la tête semble d’une autre nature que le corps : le visage est blanc alors que le corps semble rempli de jaune, qui est aussi la couleur du fond. L’intérieur des yeux est également jaune comme si le fond jaune avait envahi l’âme et le corps car on sait bien que les yeux sont «  le miroir de l’âme ». Autre élément d’étrangeté de cette tête : elle semble comme un masque posé sur le cou. En effet les yeux sont vides comme ceux d’un masque et l’expression est figée.

En regardant d’autres peintures nous pouvons toujours faire la même remarque : les têtes semblent toujours séparées du corps, étrangères à lui.

Séance d'art-thérapie Versailles 78 Paris

Vrai self et faux self

Je demande  à  F si d’une manière générale elle à l’impression que sa tête est coupée de son corps, que son corps lui est étranger. Elle me répond que oui, qu’elle a souvent l’impression que son visage est un masque qui joue un rôle sans exprimer son vrai soi ; son « vrai self ». Je reprends ici un concept de Winnicott. En effet celui- ci a montré qu’une personne ayant subi de graves traumatismes peut développer un « faux self » c’est-à-dire une personnalité artificielle qu’elle se construit pour s’adapter aux autres du mieux qu’elle peut. Ce faux self est une défense protéger le vrai soi qui n’a pas pu s’exprimer et se développer et qui se cache. Les personnes  qui utilisent cette défense se sentent un autre qui joue la comédie sans rien ressentir.

F  ressent donc son corps comme appartenant au monde extérieur mais pas à elle : c’est comme cela qu’elle interprète la ligne blanche très fragile qui sépare le corps du fond jaune ; elle ne ressent pas nettement les frontières entre l’intérieur de son corps et l’ extérieur de son corps.

Une prise de conscience objectivée par l’image

Grâce à l’interprétation qu’elle fait de sa peinture , guidée par les questions que je lui pose, F a pu prendre conscience de l’ image qu’elle a d’elle-même et de son corps. En effet la peinture a matérialisé en image l’impression permanente qu’elle a d’être coupée de son corps, des émotions de son « vrai self ». il n’est pas sûr que F  soit arrivée à exprimer cette distance de soi à soi directement par la parole . En effet l’inconscient s’exprime plus spontanément en image exactement comme dans le rêve. C’est un point fort de l’ art-thérapie : nous avons tout de suite devant les yeux une image matérielle pleine de sens.

Le travail thérapeutique consiste ensuite pour F à interpréter verbalement ce que symbolise pour elle sa peinture, à comprendre ce qu’elle exprime ici de son état présent mais aussi de son histoire passée : a-t-elle toujours eu cette impression d’être coupée de son corps ? Y  a-t-il une cause très ancienne à la mise en place de ce mécanisme de défense ? Cette prise de conscience permet aussi à F d’entrevoir ce qu’elle souhaite dans le futur par exemple se réapproprier son corps, ses émotions, se sentir elle-même c’est à dire renouer avec son vrai self.

On peut aller beaucoup plus loin dans l’interprétation de ces peintures mais mon propos est juste ici de donner une piste de compréhension..

Témoignage d’une patiente en art-thérapie:  » j’avais l’impression de me redonner vie.. »

Je demande parfois aux personnes qui le souhaitent d’écrire un texte en fin de thérapie. Voici le témoignage d’une femme que j’ai suivi en art-thérapie et psychanalyse. Par la suite ses peintures ont fait l’objet d’une exposition d’art-thérapie, j’en commenterais quelques unes dans les prochaines newsletter. Je la remercie vivement pour ce très beau texte et pour m’avoir donné l’autorisation de le publier.

« Peu avant ma première séance d’Art-thérapie, j’ai fait ce cauchemar extrêmement parlant par rapport à mon histoire.

J’avais peur, parce qu’il parle de mon traumatisme profond. Le non-dit, la culpabilité, la honte… Je savais bien qu’il faudrait dire la vérité, vous en parler, mais j’attendais de ne plus avoir le choix. Cet aveu est tellement douloureux…

C’est arrivé assez vite, au cours de la deuxième séance, il me semble. Quand vous m’avez demandé de dessiner « ce qui est arrivé à cette femme ». Parce qu’il s’agissait bien d’une femme… mais qui a perdu sa féminité.

Cela m’a beaucoup soulagée de vous dire ce qui m’était arrivé, enfant. Et votre réaction dans l’accueil, m’a détendue.

J’avais du mal à dessiner ce que je voulais. C’était finalement assez frustrant de ne pas « savoir » dessiner, de ne pas pouvoir retranscrire ce que j’avais comme image dans la tête. Mais après les séances, vous m’avez encouragée en me disant que mes dessins étaient beaux et cela m’a fait beaucoup de bien. Beaux, même si je ne sais pas dessiner, parce qu’ils sont vrais. Et beaux, même si ce que je dessine est affreux. Affreux ce que j’essaie de cacher depuis toujours, tout en espérant pouvoir le dire et m’en débarrasser…

Grâce à vos encouragements, j’ai continué au fil des séances avec un peu moins de jugement intérieur.

Le moment où j’ai dessiné le petit bonhomme blanc, que j’ai ressenti comme mon innocence, ma pureté, ma force aussi, a été très important et libérateur. J’ai d’ailleurs affiché dans ma chambre depuis, le dessin sur le craft du grand bonhomme blanc avec son pistolet, qui est plus fort que le noir, plus fort que l’agresseur, plus fort que la destruction, que la dépression. Je le vois tous les jours, et il me donne de la force.

Séances individuelles d'art-thérapie Versailles , psychothérapie par la peinture et la psychanalyse
Séance individuelle d’art-thérapie avec F , atelier Cécile Orsoni , 2015

Quand j’ai peint avec mes doigts pour remplir mon corps, cela m’a vraiment touchée émotionnellement. J’avais l’impression de me redonner vie, d’avoir la possibilité d’habiter enfin mon corps, de reprendre contact avec moi-même. Je ne sais pas si c’est encore le cas, parce que le chemin est long, mais un contact a eu lieu je pense. Pour moi, habiter son corps va avec la joie de vivre et sûrement un sentiment d’unification. Je m’en sens encore éloignée, mais des pas ont été faits.

art-thérapie Versailles, 78 Yvelines, psychothérapie par la peinture
Séance individuelle d’art-thérapie avec F , atelier Cécile Orsoni , 2015

Je sens qu’un parcours a été effectué lors de ces séances. Comme une boucle. J’ai entendu des messages : tu peux retrouver ta beauté, retrouver ton innocence, ce que tu es vraiment… Tout ça n’a pas été complètement détruit.

Le plus important pour moi, et le plus difficile, c’est de pouvoir montrer l’in-montrable, dire l’impensable, l’inacceptable. Et ce travail m’a permis de le faire d’une certaine façon. Pouvoir mettre en dehors de moi, sur des feuilles blanches, ce qui me ronge, ce tabou, cet impossible à dire, est libérateur. Ca veut dire : c’est possible que ce soit vu par d’autres.

Evidemment, l’exposition a doublé cet effet. Tout à coup, des gens que je ne connais pas, qui ne sont pas thérapeutes, peuvent voir ce qui pour moi est impossible à montrer. C’est comme un espoir que l’inhumain puisse devenir humain, être vu, reconnu. Parce que pour moi, ce traumatisme reste confiné dans une zone d’inhumanité, comme s’il m’avait exilé de la « normalité » humaine.

exposition de l' art-thérapeite Cécile Orsoni Paris
Exposition d’art-thérapie à Paris en 2016, peintures de F

Mais justement, j’ai senti que cette expérience d’exposition m’avait ouvert une porte. Peut-être que oui, aujourd’hui, et encore davantage demain, je pourrai dire et montrer, ce qui, hier, était absolument impossible.

Et dire et montrer cette vérité, c’est pouvoir retrouver ma beauté intérieure, ma féminité et mon être… Tel est mon plus grand souhait.

Je vous remercie beaucoup de m’avoir accompagnée dans ce voyage et de m’avoir permis de montrer ce qui m’empêche de vivre dans la joie et la légèreté. Je me suis vraiment sentie bien guidée au fur et à mesure des séances. Une étape importante a été réalisée à l’intérieur de moi-même, je le sais. Le chemin continue…« 

F (le 16.12.15)

Séances d’art-thérapie avec Cécile Orsoni

Devenir art-thérapeute

Depuis quelques années je propose des séances d’art thérapie et de supervision individuelle pour les art-thérapeutes débutants et en formation. Pour tout renseignement vous pouvez me joindre au 06 78 73 94 48. Vous  trouverez ici quelques conseils pour devenir art-thérapeute.

1-Expérimentez l’art-thérapie sur vous-même.

Vous ne pourrez pas aider quelqu’un par l’ art-thérapie si vous ne l’ avez pas pratiqué sur vous-même par ce qu’il vous faut intégrer de manière pratique la démarche thérapeutique de l’ art-thérapie. Pour être psychanalyste il faut avoir fait une longue analyse personnelle par ce que cet enseignement ne se fait pas dans les livres par la théorie; pour être art-thérapeute c’est aussi avant tout un enseignement pratique et existentiel qui peu à peu fait partie intégrante de votre façon de penser et d’être en relation avec l’autre dans le cadre de la thérapie.

En faisant une thérapie par l’art vous apprenez de manière existentielle ce que produit le processus thérapeutique de la création en vous et donc vous serez plus tard à même de le transmettre à un patient. Vous pourrez comprendre ce que produit en l’autre l’acte de création et vous pourrez alors proposer au patient des exercices adaptés à sa problématique.

Sans ce travail thérapeutique sur vous-même vous risquez d’aggraver le problème du patient en lui proposant un exercice inadapté Au mieux votre séance n’aura pas d’effet thérapeutique sur le patient et se réduira à une animation. Par exemple il n’est pas recommandé d’obliger une personne autiste à toucher de la terre ou de la peinture. C’est pourquoi il est aussi nécessaire d’avoir des connaissances en psychopathologie.

Pour devenir art-thérapeute il s’agit donc d’intégrer en soi le processus de thérapie par la création. Qui dit « processus » dit travail de thérapie sur le long terme. Faire une séance d’art-thérapie ne suffit pas, ni même un stage.

2- « Connais -toi toi-même »

Pourquoi voulez- vous devenir art-thérapeute ?

La psychothérapie par l’art que vous allez entamer vous permettra de comprendre pourquoi vous voulez être art-thérapeute. Vous apprendrez à savoir d’où vient ce désir.

On ne devient pas thérapeute par hasard : que voulez-vous soigner en vous en devenant art-thérapeute ? Quelle personne dans votre enfance avez-vous essayé d’aider ? Pourquoi est-ce la médiation artistique qui vous intéresse précisément?

En répondant à ces questions vous pourrez ainsi connaitre votre contre-transfert par rapport à vos patients c’est-à-dire répondre à la question : qu’est-ce que je projette de mon vécu sur cette personne ? Par exemple : pourquoi me met–elle en colère ? Est-ce cette personne qui me met en colère ou est -ce un autre que je vois à travers elle ? Vous éviterez alors de confondre votre problématique avec celle de l’autre et c’est à cette condition que vous serez vraiment à même de l’aider.

séance d'art-thérapie adulte Versailles

3-Maitriser une pratique artistique

Pour pouvoir proposer au patient un exercice qui l’aide vous devez pouvoir imaginer ce que produira sur lui tel médium : terre ou peinture ? Ou tel exercice de danse : danse au sol ou debout ? Par exemple : faire dessiner quelqu’un ne produit pas du tout le même effet thérapeutique que lui faire faire du modelage. Et pour le modelage cela ne produit pas le même effet de modeler avec ou sans outils. Ce n’est qu’en ayant pratiqué et en pratiquant vous-même de manière poussée une activité artistique que vous pourrez  anticiper ce qui pourrait aider la personne.

Sans cette maitrise artistique vous proposerez toujours le même exercice et vous passerez à côté de la singularité de la personne . On ne peut pas être art-thérapeute en appliquant toujours la même méthode et le même exercice. En effet dans la thérapie il faut sans cesse s’adapter à la personne car c’est d’ abord elle qui guide sa propre thérapie. C’est ce que le patient apporte qui va vous permettre d’imaginer pour lui ce qui pourrait lui convenir. L’art-thérapeute doit toujours être créatif et à l’ écoute, il n’ a qu’un temps d’avance sur son patient.

Le profil idéal de l’art-thérapeute est d’être à la fois artiste et psychologue , psychanalyste ou psychothérapeute. En tous les cas il faut avoir expérimenté sur soi l’art-thérapie de manière poussée et personnelle et avoir une pratique poussée dans une discipline artistique  : danse, théâtre, musique , arts plastiques. On ne s’improvise pas art-thérapeute par ce que faire une psychothérapie prend du temps comme maitriser une pratique artistique prends du temps.

Vous trouverez ici un lien sur mon site vers un stage de formation à l’ art-thérapie

Quelle psychanalyse?

Une psychothérapie psychanalytique chaleureuse

Je propose une psychothérapie psychanalytique , c’ est une psychanalyse mais non pas au sens orthodoxe c’est à dire que nous sommes assis en face à face, mais parfois vous pouvez aussi être allongé et fermer les yeux, la fréquence des séances est en général d’une fois par semaine, la durée des séances est en général de 2h mais peut varier (par exemple 3/4 d’heure pour une séance de psychanalyse seule). Vous pouvez faire une psychanalyse sans art-thérapie.

Lors des moments de psychanalyse, nous sommes assis face à face ou face à votre création Je vous pose des questions et ne suis donc pas « muette » comme une certaine orthodoxie le voudrait. Il m’ arrive également de vous faire part de mes associations. En effet je considère que la relation de confiance qui s’établit entre le patient et le psychanalyste est thérapeutique. Or il me semble qu’ une relation de confiance implique de la chaleur de la part du psychanalyste, de l’empathie. Je pense qu’une telle relation ne saurait s’établir si le psychanalyste reste muet et froid devant le discours du patient qui livre son intimité .

En ceci je me réfère à Carl Rogers Le Développement de la Personne et la « thérapie centrée sur la personne ». Carl Rogers était aussi sensible à la créativité naturelle de l être humain qui lui permet de changer. Il faudrait également que je cite Ferenczi, Winnicott, Karen Horney, Françoise Dolto..

Qu’est ce que le transfert?

Cette relation humaine chaleureuse ne doit pas empêcher la distance nécessaire dont doit faire preuve le psychanalyste pour aider l’ analysant à réaliser un « transfert« . Freud parlait de »neutralité «  mais je préfèrerais le mot « distance » . Car je ne pense pas que la neutralité du psychanalyste soit possible ni même souhaitable comme je l’ai expliqué . En effet le psychanalyste travaille avec ce qu’il est, son histoire, son affectivité, ses projections. Tout ceci se nomme: le contre-transfert du psychanalyste.

Mais revenons au patient ou « analysant »: Le transfert est le fait de revivre une situation relationnelle souvent difficile en projetant sur le psychanalyste la figure de personnes problématiques; par exemple un père ou une mère. Ces problèmes vont ainsi se « rejouer » comme au théâtre dans le cadre de la cure, c’est à dire dans un espace sécurisant ou l’issu pourra être plus positive. L analysant pour ainsi interpréter et comprendre ce qui se passe dans le transfert, ce qui se répète dans sa relation à l’ analyste et dans sa relation aux autres.
Le transfert peut se réaliser dans la mesure ou une distance est maintenue entre le psychanalyste et l ‘analysant. Cette distance est créée par  » le cadre » posé ; par exemple le fait que cette relation s’établisse en dehors du quotidien dans un lieu consacré à la thérapie, le fait que je me réfère au cadre conceptuel et pratique de la psychanalyse, le fait qu’ayant moi même fait une longue analyse je peux prendre du recul par rapport à mes projections c est à dire mon contre-transfert. Cette distance permet à l’ analyste de ne pas trop s’investir affectivement pour pouvoir garder le recul suffisant dans la relation d’aide. C’est pourquoi un psychanalyste peut être efficace pour aider son patient alors qu’il ne le sera pas forcément pour aider un proche.

Psychanalyse et art -thérapie

Quand la psychanalyse est intégrée à l’ art-thérapie certaines séances sont uniquement des séances d’analyse par ce que vous ressentez le besoin de parler plus que de créer. D’autres au contraire seront plus centrées sur la création.

Le moment de création ou d’art-thérapie est toujours encadré par la psychanalyse. En effet au début de la séance il y a un temps d’analyse ou je vous propose de dire  » tout ce qui vous passe par la tête » sans réfléchir ni juger. C’est la règle de l’ association libre mise au point par Freud. Le patient lâche prise et son inconscient peut commencer à s’exprimer. Je vous renvoie au texte de Freud : La Technique Psychanalytique.

Ensuite arrive le moment de création: vous allez peindre, dessiner, modeler. Là nous ne parlons pas. Quand vous jugez que ce temps de création est terminé, alors l’ analyse reprend et je vous aide à interpréter ce que vous avez ressenti en créant: quelles sensations? Quelles émotions ? A quel vécu tout ceci vous renvoie ? A quel moment de votre histoire?

Nous avons parlé du transfert. Dans le transfert se rejoue une relation en grande partie inconsciente .Par ce que trop douloureuse, cette relation a été « oubliée ». Dans l’ analyse et dans l’acte de création, cette relation s’exprime et nous pouvons l’ analyser. Par exemple si vous avez du mal à peindre peut être que cela vous renvoie à un père trop autoritaire qui vous interdisait de donner libre cours à votre imagination sans culpabiliser?

D’autre part ce visage que vous avez peint , à qui vous fait il penser?

On voit donc que si le transfert se matérialise dans la relation avec le psychanalyste il se matérialise aussi dans l’oeuvre et dans le processus de création.

séance de psychanalyse Versailles
Séance psychanalyse et art-thérapie avec Cécile Orsoni. Une femme d’age mur fait son autoportrait en adolescente


Comment interpréter l’oeuvre créée?

Nous analysons l’oeuvre produite toujours avec la technique de l’ association libre: a quoi vous renvoient ces formes, ces couleurs, ce format ? Il s’agit d’une interprétation symbolique de l’oeuvre que vous analysez comme vous le feriez pour l’image du rêve. A ce sujet je renvoie à l’ouvrage d’ Otto Rank, l’ Art et l’ Artiste.

Le psychanalyste Otto Rank, élève de Freud, montra qu’on pouvait interpréter les oeuvres d’art exactement comme les images du rêve par ce qu’il s’agit du même langage plastique symbolique.

Dans l’image du rêve comme dans la création il y a deux niveaux d’interprétation symboliqe: l ‘interprétation archétypale et l’interprétation personnelle. Pour comprendre la signification d’une image ou d’une oeuvre il faut croiser ces deux interprétations.

Un symbole a une dimension universelle commune à toutes les cultures et une dimension personnelle propre à l’individu. Par exemple le feu est un symbole archétypal universel mais il sera aussi chargé d’un sens personnel: si quelqu’un a faille mourir dans un incendie ce symbole du feu prendra un tout autre sens que pour une personne dont le feu représente la cheminée rassurante des grands parents.

Je me réfère également au psychanalyste Carl Gustav Jung qui mit au point la technique de l’imagination active et la notion d’ archétypes présents dans les rêve et dans les oeuvres d’art .

Nous citerons Jung: « Ainsi, le pur phantasme se marie à un élément de réalité. C’est là une acquisition de valeur inestimable, c’est un germe d’indépendance, une transition vers la maturité psychologique ».

C.G Jung, Psychologie et Poésie

La peinture ou le dessin matéralise le vécu de la personne . Les oeuvres crées deviennent comme autant d’images de soi qu’on a sous les yeux et qui sont donc une trace perenne de se qui s’est passé pour vous durant les séances. Votre vécu devient un objet concret que vous pouvez ressortir, regarder et interpréter autant que vous le souhaitez et autant que nécessaire.

Cette matérialisation du vécu oblige le patient à prendre en compte l’histoire qui s’exprime dans la création . D’un coté l’oeuvre permet de mettre à distance le vécu, de le déposer hors de soi donc de s’en séparer . Mais l’objet oblige aussi à le regarder, vous ne pouvez pas l’ignorer et ignorer que c’est vous qui avez dessiné cela.

la création comme un espace de jeu, l’oeuvre comme objet transitionnel

Cette notion d’objet transitionnel a été inventée par le psychanalyste anglais Winnicott. Dans Jeu et Réalité, Winnicott dit que le très jeune enfant fait l’ expérience de son rapport au monde en jouant. Avec cet objet qu’est le jouet, il réalise son désir et s’aperçoit qu’il a du pouvoir sur le monde extérieur . La mère l’aide à manipuler l’objet pour en faire ce qu’il veut et donc crée les conditions pour que le jeu soit plaisant et que l’enfant prenne confiance en lui et ses capacités à réaliser son désir.

Dans la séance d’art-thérapie et de psychanalyse, la création fonctionne comme un jouet et le thérapeute prend la place de la mère. Le patient se rend compte qu’il peut réaliser son désir dans la création et retrouve ainsi une énergie positive.