Pour une psychanalyse féministe

Comment ne pas relayer dans la cure psychanalytique la domination patriarcale ?

Depuis des années je reçois des femmes de tous âges qui souffrent encore d’une dévalorisation de leur sexe. J’essaye dans ma pratique de psychanalyste et d’art-thérapeute de les aider à se donner estime de soi , autonomie ,  liberté par rapport au système patriarcal encore dominant . Il ne s’agit pas d’une psychanalyse féministe qui pousserait les femmes contre les hommes mais qui tenterait de donner à chacun sa place à partir de nouveaux critères hors de toute logique de domination.

Le féminisme est plus que d’actualité. Il suffit de penser aux mouvements comme Me too.. ou Balances ton Porc , au Consentement le livre de Vanessa Springora , au scandale qui est en train de sortir : l’exploitation sexuelle des jeunes sportives par leurs coachs.

Comment permette à la femme qui souffre de trouver et de créer sa place de femme à l’intérieur même du dispositif psychanalytique ?

Je ne suis pas d’accord avec la théorie freudienne de la sexualité féminine et de l’identité féminine. Je ne suis pas non plus d’accord avec la notion du Phallus selon Lacan. Je m’interroge aussi sur la « neutralité » du psychanalyste : ne jamais parler de soi n’est-ce pas rester dans une situation de pouvoir trop importante par rapport à la personne qui se livre? Ne pourrait-on pas  parler de son contre-transfert de temps à autre comme le faisait Ferenczi ? Y aurait-il une façon de mener la cure, un langage à créer, un type d’écoute qui permettrait aux femmes de s’affirmer comme telles ? De sortir d’un discours psychanalytique patriarcal? Pour ces questions je renvoie aux recherches remarquables de Luce Irigaray. Toutes les femmes devraient la lire.

Luce Irigaray

Il ne s’agit pas d’exclure les hommes  : je reçois des hommes autant que des femmes . Les hommes souffrent aussi de ces rôles qu’ils ont à jouer pour ne pas perdre leur « virilité » du moins celle définie par le patriarcat : la dureté, le fait d’être insensible et donc fort . Il ne s’agit pas non plus de désigner les hommes comme des ennemis à abattre par ce que les valeurs patriarcales sont aussi relayées par des femmes, des mères qui éduquent leurs enfants dans ce sens depuis des générations.

Mais en 2020 l’exploitation et l’appropriation va toujours dans le même sens : celle des femmes par les hommes. C’est donc  la souffrance des femmes qui est d’abord à prendre en compte . Ainsi la femme continue-t-elle de perdre son nom dans le mariage pour revêtir celui de son mari. À travail égal  les femmes sont moins payées que les hommes, elles ont moins de droits que les hommes. Aujourd’hui en France un homme peut faire congeler ses spermatozoïdes sans aucune justification à donner ; une femme doit donner une justification. Ce qui signifie  que la femme ne s’appartient pas encore totalement .

Le phallocentrisme de Freud et de Lacan

La psychanalyste , philosophe et linguiste  Luce Irigaray  a soulevé le problème du  phallocentrisme de la psychanalyse. Elle s’interroge  sur les conditions d’une psychanalyse qui ne relayerait pas la domination masculine mais permettrait à la femme d’exister en tant que telle.  Dans Spéculum de L’autre Femme  (1974) et dans Ce Sexe Qui N’en Est Pas Un (1977) elle montre que pour Freud et pour Lacan « la femme n’existe pas ». Elle remettait ainsi en question le pouvoir patriarcal dominant au sein même de la psychanalyse, à commencer par celui de Lacan. Ce qui lui valut d’être exclue par celui-ci de l’Ecole Freudienne et de l’université Paris-VIII où elle enseignait. Quelle plus belle preuve pouvait elle obtenir de la véracité de son discours ?

La petite fille est un petit garçon raté

Pour Freud nous dit-elle, la petite fille n’est jamais qu’un petit garçon « manqué » car par exemple le clitoris est un petit pénis raté. Tout le développement de sa féminité n’aura pour seul but que de pallier à cette infériorité : compenser symboliquement le manque de pénis soit en ayant un enfant soit en tentant de ressembler à un homme en tant que lesbienne soit en devenant l’esclave indispensable de l’homme dans le mariage.

Ainsi pour Freud la femme n’a pas de valeur propre Elle n’a de valeur que dans sa relation à un homme d’où l’obsession encore actuelle des femmes pour se trouver un mari et donc une valeur sociale. La prime de valeur ajoutée c’est d’avoir des enfants de son mari et si possible des garçons. De même la femme n’a pas de sexualité propre puisqu’elle est un garçon en moins bien et que selon Freud il n’y a de libido que masculine. ( cf Sigmund Freud La Féminité ) Dès lors la seule sexualité qui lui reste c’est de s’approprier la virilité en se soumettant aux désirs de l’homme et par ce biais en lui devenant esclave indispensable, de considérer son sexe et tout son corps uniquement comme écrin indispensable au pénis- Roi Elle peut aussi devenir lesbienne en s’identifiant à un homme qui aimerait des femmes masculines. En effet que peut- on aimer d’autre que l’ homme ?

D’ailleurs pour Freud devenir une femme « normale », c’est-à-dire une « vraie » femme c’est pour la petite fille haïr sa mère pour tourner tout son amour vers le père ce qui permet la réalisation du complexe d’OEdipe et sa résolution dans le fait de se tourner vers un homme autre que le père à l’ adolescence. Le mari devient alors le substitut de père pour la femme et la femme le substitut de mère pour l’homme. Dans tous les cas comme l’a dit Lacan : « la femme n’ existe pas ».

La femme -enfant-mère

En effet elle n’existe pour son mari et aux yeux de la société que comme mère de son mari  et de ses enfants ou comme enfant de son mari. D’où les innombrables clichés de « la femme enfant », dépendante financièrement, capricieuse, pas très futée, mais tellement mignonne et toujours jolie. La Bimbo ! En effet comment peut elle se valoriser en dehors de la séduction physique ? La seule chose que l’homme lui demande c’est d’ être toujours apprêtée et jolie pour lui plaire et ainsi se valoriser lui de ce bel objet sexuel auprès des autres hommes: « Sois belle et tais toi »;

D’ailleurs la sainte vierge dans la religion chrétienne n’est jamais vue comme femme ayant une sexualité proprement féminine, mais uniquement comme mère du Christ et vierge de toute relation sexuelle. De ce fait elle est l’emblème même du patriarcat : elle n’ a de valeur et d’existence qu’en tant que mère du christ ( un garçon ) ou comme propriété de Dieu ( un garçon). Elle appartient au père  en tant qu’enfant puisqu’elle reste vierge : n’y aurait- t il pas là un inceste approuvé mais caché ? Ou alors elle appartient au fils en tant que mère.

« L’humanité » de l’homme vient de l’homme,  pas de la femme

Pour Lacan « le Phallus » symbolise la culture, la loi bref tout ce qui a une valeur proprement humaine et qui promeut l’enfant au statut d’être humain social. Ainsi le père est celui qui sépare l’enfant de la fusion avec la mère, fusion qui risquerait de le rendre définitivement inapte au devenir humain social, qui le ferait sombrer dans la psychose c’est-à-dire l’indifférenciation d’avec la mère. Pourquoi la culture ne serait elle pas symbolisée par « la vulve » ? Parce que la femme est toujours du côté de la « nature » , elle n’est jamais vue que comme une mère -terre reproductrice, matrice, nourricière qui comble les besoins premiers de l’enfant mais ne le promeut certainement pas à la culture. La femme ne transmet pas la culture à l’enfant, ceci reste l’apanage de l’homme. Pour devenir un adulte humain, fille ou garçon, doivent se séparer de la mère comme on jette un placenta à la poubelle et s’élever vers les hautes sphères sociales et intellectuelles en oubliant corps, sensibilité et affects.

« Par ce que je le vaux bien »

La femme s’autorise rarement à vivre pour elle en dehors des soins esthétiques comme le dit si bien la publicité L’Oréal: « Parce que je le vaux bien » . Elle vaut bien d’avoir une belle coiffure…. mais c’est tout!

Beaucoup de femmes ne savent pas prendre du temps pour elles par ce qu’elles ont alors le sentiment d’une perte de temps. Ce sentiment vient de l’idée qu’elles ne méritent pas d’intérêt ni d’égard particulier par ce qu’elles sont persuadées de leur non valeur:  » Oh moi ce n’ est pas grave.. » « Moi ce n’ ‘est pas grave » si je ne jouis pas, si je suis fatiguée, si je gagne moins d’argent que mon collègue, si je mange la plus petite part du repas. Sexuellement et socialement elle n’a toujours vécu qu’en fonction des autres, les hommes.

Malgré des changements positifs allant vers l’ émancipation des femmes en France ( droit de vote en 1944, légalisation de l’ avortement en 1975 , de la contraception en 1967 ); il n’ en reste pas moins que dans notre société, la valeur suprême pour une femme c’est d’être mère. Alors quand les enfants partent du foyer familial, elle se sent moins que rien et sombre dans la dépression. Habituée à vivre pour ses enfants et son mari, elle ne sait pas vivre pour elle. Ayant peu d’existence sociale et professionnelle ou un travail à mi temps mal payé, elle n’ arrive pas à compenser suffisamment ce vide. .

Quand à la reconnaissance d’une sexualité féminine à part entière il reste encore beaucoup à faire et à dire sachant que l’ anatomie complète du clitoris n’est découvert qu’en 2016 et présent dans les manuels scolaires en France en 2017. A qui profite cet impasse sur l’ organe sexuel essentiel du plaisir féminin ?

Séances d’art-thérapie

Séances de psychanalyse

Pourquoi faire une psychanalyse?

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Comprendre l’enfant en soi

On entame une psychanalyse pour aller mieux. Plutôt que de compter sur sa bonne étoile en espérant qu’un jour les choses s’arrangent par miracle; on décide de donner un coup d’accélérateur à son existence . Certes on peut réussir à changer par un long travail de réflexion mais souvent que de temps perdu à tourner en rond ! En effet vous n’irez pas au fond des choses tout seul par ce que vous ne vous y obligerez pas. Alors que la présence du psychanalyste vous y obligera par le cadre rassurant de la psychanalyse, par ses questions et par son soutien. Il vous aidera à analyser ce que justement vous avez du mal à aller voir et donc d’évoluer beaucoup plus vite.

Remonter aux causes

Il  existe de nombreuses psychothérapies .La spécificité de La psychanalyse : vous permettre de remonter aux causes de vos « problèmes ». En quoi comprendre permet de se sentir mieux ?

Le processus de prise de conscience permet de restaurer une maitrise de soi par ce que vous êtes alors moins dominé par des émotions contradictoires, des impulsions qui peuvent être très destructrices . Par exemple si vous êtes d’une grande susceptibilité et que vous vous mettez vite en colère, quand cette situation se répètera vous pourrez vous dire grâce à la psychanalyse:  » Je sais d’où cela vient, ce n’est pas cette personne en particulier qui me met en colère mais c’est par ce que ça me rappelle mon père qui me critiquait toujours.. » Alors votre colère va diminuer et vous vous sentirez fier de cette maitrise . Vous aurez donc aussi une meilleure estime de vous.

En intégrant la démarche psychanalytique vous intégrerez aussi un savoir psychologique sur vous même, vous aurez appris à connaitre votre désir et à faire confiance à votre réflexion. Vous devenez libre de vivre et de penser selon vos propres critères et non selon ce qu’on veut pour vous.

De plus le fait de parler de vos angoisses permet de les diminuer fortement . Pourquoi ? Par ce qu‘en la nommant l’angoisse ne circule plus librement dans votre esprit et dans votre corps ( ce qui est terrifiant ) mais elle est désormais liée à une représentation.

Enfin en apprenant à connaitre la part inconsciente de vous même vous retrouvez un sentiment d’unité c’est ce qu’on appelle « être en accord avec soi même « 

Quel enfant étiez vous?

La psychanalyse vous fera voyager dans votre enfance voire votre toute petite enfance (la vie intra-utérine en fait partie) pour comprendre les relations qui vous ont structurées et vous structurent aujourd’hui : relations avec vos parents, frêres et soeurs, grands parents, éducateurs etc..Elle vous permettra également de remonter à des évènements oubliés qui ont eu sur vous un impact et impactent encore votre présent.

Ce processus de l’analyse est un processus de prise de conscience , rendre conscient ce qui en vous agit inconsciemment et en comprendre le sens.  Pourquoi mes relations amoureuses tournent  à l’ échec? Pourquoi suis-je souvent déprimé? Pourquoi ais-je un tel manque de confiance en moi ?

On pourrait dire qu’il s’agit de comprendre quel enfant agit en vous et vous empêche de devenir celui que vous aimeriez être. Mais cet enfant a aussi de grandes ressources qu’il s’agit de remobiliser ! L’enfant que vous étiez et l’ adulte que vous êtes pourront grace à la psychanalyse travailler main dans la main. Vous vous sentirez moins coupé de vous même, fragile, plein de contradictions mais plus fort et plus « un ». C’est ce que Jung nomme le processus d’individuation

Arréter ce qui se répète

Le fait de comprendre d’où viennent vos problèmes vous permettra de prendre conscience des comportements négatifs qui se répètent dans votre vie et de diminuer cette répétition voire d’y mettre fin.

Par exemple si vous constatez que vos relations amoureuses finissent toujours par une rupture vous pouvez grâce à la psychanalyse comprendre pourquoi vous vous mettez toujours dans une situation de rupture. « Vous êtes vous senti abandonné par votre mère quand vous étiez enfant?  » Si cela se répète c’est vous qui le cherchez! Mais pourquoi puisque vous en souffrez?

Votre inconscient vous pousse à répéter un traumatisme pour essayer de le résoudre:  » cette fois ci je ne serais pas abandonnée ». Oui mais il faut changer quelque chose dans la situation répétée pour que l’issu soit positive. Peut être aller vers une personne moins susceptible de vous abandonner, qui n’aurait pas le même profil que votre mère…Et pour changer quelque chose à cette répétition du trauma il faut d’abord comprendre toutes ses implications affectives, relationnelles, existentielles pour l’enfant que vous étiez et l’adulte que vous êtes.

Au fond c’est sans doute une très vieille scène qui se rejoue et peut être qu’elle remonte à d’autres générations: celle de vos grands parents , de vos arrières grands parents?

Celui qui fait une psychanalyse pourra rompre la chaine de la répétition traumatique et arrêter de la transmettre aux générations futures. Sur ce point je renvoie au livre remarquable d’Anne Ancelin Schützenberger : AÏe mes AÏeux!

J’aime beaucoup la photo de famille qui figure sur la couverture de ce livre, on voit aux expressions des visages et aux attitudes corporelles qu’ils ont bien un soucis commun!

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Article sur la psychanalyse que je pratique

Quelle psychanalyse?

Une psychothérapie psychanalytique chaleureuse

Je propose une psychothérapie psychanalytique , c’ est une psychanalyse mais non pas au sens orthodoxe c’est à dire que nous sommes assis en face à face, mais parfois vous pouvez aussi être allongé et fermer les yeux, la fréquence des séances est en général d’une fois par semaine, la durée des séances est en général de 2h mais peut varier (par exemple 3/4 d’heure pour une séance de psychanalyse seule). Vous pouvez faire une psychanalyse sans art-thérapie.

Lors des moments de psychanalyse, nous sommes assis face à face ou face à votre création Je vous pose des questions et ne suis donc pas « muette » comme une certaine orthodoxie le voudrait. Il m’ arrive également de vous faire part de mes associations. En effet je considère que la relation de confiance qui s’établit entre le patient et le psychanalyste est thérapeutique. Or il me semble qu’ une relation de confiance implique de la chaleur de la part du psychanalyste, de l’empathie. Je pense qu’une telle relation ne saurait s’établir si le psychanalyste reste muet et froid devant le discours du patient qui livre son intimité .

En ceci je me réfère à Carl Rogers Le Développement de la Personne et la « thérapie centrée sur la personne ». Carl Rogers était aussi sensible à la créativité naturelle de l être humain qui lui permet de changer. Il faudrait également que je cite Ferenczi, Winnicott, Karen Horney, Françoise Dolto..

Qu’est ce que le transfert?

Cette relation humaine chaleureuse ne doit pas empêcher la distance nécessaire dont doit faire preuve le psychanalyste pour aider l’ analysant à réaliser un « transfert« . Freud parlait de »neutralité «  mais je préfèrerais le mot « distance » . Car je ne pense pas que la neutralité du psychanalyste soit possible ni même souhaitable comme je l’ai expliqué . En effet le psychanalyste travaille avec ce qu’il est, son histoire, son affectivité, ses projections. Tout ceci se nomme: le contre-transfert du psychanalyste.

Mais revenons au patient ou « analysant »: Le transfert est le fait de revivre une situation relationnelle souvent difficile en projetant sur le psychanalyste la figure de personnes problématiques; par exemple un père ou une mère. Ces problèmes vont ainsi se « rejouer » comme au théâtre dans le cadre de la cure, c’est à dire dans un espace sécurisant ou l’issu pourra être plus positive. L analysant pour ainsi interpréter et comprendre ce qui se passe dans le transfert, ce qui se répète dans sa relation à l’ analyste et dans sa relation aux autres.
Le transfert peut se réaliser dans la mesure ou une distance est maintenue entre le psychanalyste et l ‘analysant. Cette distance est créée par  » le cadre » posé ; par exemple le fait que cette relation s’établisse en dehors du quotidien dans un lieu consacré à la thérapie, le fait que je me réfère au cadre conceptuel et pratique de la psychanalyse, le fait qu’ayant moi même fait une longue analyse je peux prendre du recul par rapport à mes projections c est à dire mon contre-transfert. Cette distance permet à l’ analyste de ne pas trop s’investir affectivement pour pouvoir garder le recul suffisant dans la relation d’aide. C’est pourquoi un psychanalyste peut être efficace pour aider son patient alors qu’il ne le sera pas forcément pour aider un proche.

Psychanalyse et art -thérapie

Quand la psychanalyse est intégrée à l’ art-thérapie certaines séances sont uniquement des séances d’analyse par ce que vous ressentez le besoin de parler plus que de créer. D’autres au contraire seront plus centrées sur la création.

Le moment de création ou d’art-thérapie est toujours encadré par la psychanalyse. En effet au début de la séance il y a un temps d’analyse ou je vous propose de dire  » tout ce qui vous passe par la tête » sans réfléchir ni juger. C’est la règle de l’ association libre mise au point par Freud. Le patient lâche prise et son inconscient peut commencer à s’exprimer. Je vous renvoie au texte de Freud : La Technique Psychanalytique.

Ensuite arrive le moment de création: vous allez peindre, dessiner, modeler. Là nous ne parlons pas. Quand vous jugez que ce temps de création est terminé, alors l’ analyse reprend et je vous aide à interpréter ce que vous avez ressenti en créant: quelles sensations? Quelles émotions ? A quel vécu tout ceci vous renvoie ? A quel moment de votre histoire?

Nous avons parlé du transfert. Dans le transfert se rejoue une relation en grande partie inconsciente .Par ce que trop douloureuse, cette relation a été « oubliée ». Dans l’ analyse et dans l’acte de création, cette relation s’exprime et nous pouvons l’ analyser. Par exemple si vous avez du mal à peindre peut être que cela vous renvoie à un père trop autoritaire qui vous interdisait de donner libre cours à votre imagination sans culpabiliser?

D’autre part ce visage que vous avez peint , à qui vous fait il penser?

On voit donc que si le transfert se matérialise dans la relation avec le psychanalyste il se matérialise aussi dans l’oeuvre et dans le processus de création.

séance de psychanalyse Versailles
Séance psychanalyse et art-thérapie avec Cécile Orsoni. Une femme d’age mur fait son autoportrait en adolescente


Comment interpréter l’oeuvre créée?

Nous analysons l’oeuvre produite toujours avec la technique de l’ association libre: a quoi vous renvoient ces formes, ces couleurs, ce format ? Il s’agit d’une interprétation symbolique de l’oeuvre que vous analysez comme vous le feriez pour l’image du rêve. A ce sujet je renvoie à l’ouvrage d’ Otto Rank, l’ Art et l’ Artiste.

Le psychanalyste Otto Rank, élève de Freud, montra qu’on pouvait interpréter les oeuvres d’art exactement comme les images du rêve par ce qu’il s’agit du même langage plastique symbolique.

Dans l’image du rêve comme dans la création il y a deux niveaux d’interprétation symboliqe: l ‘interprétation archétypale et l’interprétation personnelle. Pour comprendre la signification d’une image ou d’une oeuvre il faut croiser ces deux interprétations.

Un symbole a une dimension universelle commune à toutes les cultures et une dimension personnelle propre à l’individu. Par exemple le feu est un symbole archétypal universel mais il sera aussi chargé d’un sens personnel: si quelqu’un a faille mourir dans un incendie ce symbole du feu prendra un tout autre sens que pour une personne dont le feu représente la cheminée rassurante des grands parents.

Je me réfère également au psychanalyste Carl Gustav Jung qui mit au point la technique de l’imagination active et la notion d’ archétypes présents dans les rêve et dans les oeuvres d’art .

Nous citerons Jung: « Ainsi, le pur phantasme se marie à un élément de réalité. C’est là une acquisition de valeur inestimable, c’est un germe d’indépendance, une transition vers la maturité psychologique ».

C.G Jung, Psychologie et Poésie

La peinture ou le dessin matéralise le vécu de la personne . Les oeuvres crées deviennent comme autant d’images de soi qu’on a sous les yeux et qui sont donc une trace perenne de se qui s’est passé pour vous durant les séances. Votre vécu devient un objet concret que vous pouvez ressortir, regarder et interpréter autant que vous le souhaitez et autant que nécessaire.

Cette matérialisation du vécu oblige le patient à prendre en compte l’histoire qui s’exprime dans la création . D’un coté l’oeuvre permet de mettre à distance le vécu, de le déposer hors de soi donc de s’en séparer . Mais l’objet oblige aussi à le regarder, vous ne pouvez pas l’ignorer et ignorer que c’est vous qui avez dessiné cela.

la création comme un espace de jeu, l’oeuvre comme objet transitionnel

Cette notion d’objet transitionnel a été inventée par le psychanalyste anglais Winnicott. Dans Jeu et Réalité, Winnicott dit que le très jeune enfant fait l’ expérience de son rapport au monde en jouant. Avec cet objet qu’est le jouet, il réalise son désir et s’aperçoit qu’il a du pouvoir sur le monde extérieur . La mère l’aide à manipuler l’objet pour en faire ce qu’il veut et donc crée les conditions pour que le jeu soit plaisant et que l’enfant prenne confiance en lui et ses capacités à réaliser son désir.

Dans la séance d’art-thérapie et de psychanalyse, la création fonctionne comme un jouet et le thérapeute prend la place de la mère. Le patient se rend compte qu’il peut réaliser son désir dans la création et retrouve ainsi une énergie positive.