L’encre en art-thérapie: de l’eau de mère
A chaque médium en art-thérapie correspond une expérience spécifique, un mode d’expression particulier. Aujourd’hui je vais vous parler de l’encre en art-thérapie et de son lien avec l’eau de mer, de mère ?
L’eau de mère
L’encre coule, elle est liquide et s’étale sur la feuille sans qu’on puisse totalement la maitriser. Immédiatement cette eau fluide nous ramène à la mer et souvent à notre mère. En effet notre premier milieu ambiant, c’est l’eau ! Nous nous sommes développés dans le liquide amniotique. La perception de nous même ; nous et notre corps se fait grâce à l’eau qui caresse et enveloppe notre peau. L’utilisation de l’encre en art-thérapie nous plonge dans les jeux avec l’eau et nous ramène à un état de petit enfant voire un état intra-utérin.
Françoise Dolto insistait sur l’importance thérapeutique pour les enfants de pouvoir jouer avec l’eau. C’est tout aussi important pour les adultes.
Jouer avec l’eau

Je vais commenter l’image que vous voyez ci-dessus : une séance d’art-thérapie en mars 2026 pour une femme qui aime l’eau. Depuis plusieurs mois, M travaille avec l’encre ce qui lui permet d’expérimenter le lâcher prise, d’accepter les surprises. Sur l’image nous voyons un dessin recouvert par des coulures. Le dessin sous les coulures représente un espace géométrique et anguleux ; le schéma d’une chambre ou M voudrait pouvoir créer en toute liberté chez elle, ce qu’elle ne s’autorise pas encore. Mais elle s’y prépare ; elle envisage de libérer cet espace anguleux avec les courbes de l’encre. La création s’insinue dans l’espace rigide, l’air soulève la feuille légère, l’encre coule et vient déstructurer le cadre trop contraignant.
Bleu : le dehors s’invite dedans

Le bleu est déjà présent dans cet espace anguleux notamment sur le dessin ci- dessus. Ce « bleu » renvoie M à la mer, au ciel qui entre dans la chambre. Ces éléments sont vitaux pour M qui aime être dehors. En même temps lors de cette séance, M évoque aussi sa mère qui lui manque et la guide vers un modèle de femme créative. Virginia Woolf disait qu’un femme pour créer avait avant tout besoin d’« une chambre à soi. ». J’ajouterais une chambre ouverte sur le ciel, la nature et pourquoi pas la mer.
A propos de mer il reste une dernière place pour le stage d’art-thérapie et approche psycho-corporelle que j’anime avec Magali Cipriani Bouvard fin mai à l’Ile de Ré .En petit groupe nous allons respirer, créer, nager, parler !
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Plus vivants, plus libres : land-art, mise en corps, mise en mots
