L’art-thérapie: sortir et transformer sa colère
La colère est une énergie qui doit s’exprimer car elle peut se transformer en force constructive . Si elle est refoulée, elle reste emprisonnée dans le corps et dans le psychisme de manière inconsciente souvent sous forme de dépression. Mais une grande colère est souvent difficile à sortir car nous avons peur des dégâts qu’elle peut faire en nous et autour de nous.
L’art-thérapie offre un espace d’expression sécurisé pour exprimer sa colère.

Ici une jeune femme s’est représentée petite fille. Le visage est tres expressif alors que cette jeune femme montrait toujours un visage souriant, calme et paisible. La couleur rouge symbolisant la violence et la haine est présente au niveau du buste
Les couleurs de la colère

La colère s’exprime ici chez une autre personne.Nous voyons une peinture rouge et noire toute lacérée de coups de cutter. Cette personne avait besoin d’exprimer une grande colère et elle a pu s’autoriser cela en séance d’art-thérapie. Elle a commencé par peindre au sol directement avec les mains. Nous voyons deux couleurs qui expriment deux composantes de la colère : le noir pour « les idées noires » comme la tristesse, la dépression, la dévalorisation de soi ; le rouge pour la souffrance. Mais elle est allée plus loin : elle s’est autorisée à lacérer cette peinture.

Dans cet autoportrait en début de thérapie, la même personne contenait sa colère ( le noir ) par un scotch qui entoure les orifices de communication: la bouche et les yeux. Elle a mis des pansements sur sa colère pour l’empêcher de sortir. Le masque affiche un sourire de façade : un faux moi. ( lien vers ce concept en fin d’article )
Les gestes de la colère : lacérer le papier et la peinture
Si elle s’était arrêtée à la peinture elle aurait montré sa colère mais alors qu’en faire ? Les coups de cutter ont permis de décharger encore plus d’agressivité. Toutes ces coupures disent : « Je n’en peux plus de cette souffrance, cette tristesse, cette violence que je sens en moi ». Lacérer le papier montre une volonté d’attaquer la souffrance pour qu’elle disparaisse. Le geste de lacérer lui a permis de commencer à transformer sa colère en s’autorisant beaucoup d’agressivité. Certain.es frappent la terre ou la peinture, déchirent, réduisent en miettes, jettent.
Se libérer d’une énergie destructrice en sécurité
Lorsque sort la colère, nous pouvons être débordés par nos émotions : tristesse, révolte, envie de détruire peuvent nous donner le vertige et l’impression de perdre pied. Mais la présence de l’art-thérapeute et le cadre sécurisé de la séance d’art-thérapie permet de contenir ces émotions. En parlant de ce que nous ressentons, en créant nous pouvons donner sens et forme à notre colère.
L’expression de la colère devient alors une arme puissante de reconstruction.
Montrer un masque toujours souriant derrière lequel se cache la colère: le « faux self »