L’art-thérapie: l’importance de toucher

Je vous souhaite d’abord une année 2021 sensible, humaine, riche en  contacts physiques, une année où nous pourrons à nouveau être proches, se toucher, s’embrasser, faire la fête !

Art-thérapeute Yvelines, séances d'art-thérapie Versailles, Psychanalyste Versailles
Imaginez que vous toucher les nuages !
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Imaginez que vous touchez l’eau de mer !

Nous sommes un corps

Nous sommes déprimés quand nous ne nous touchons pas. En ce moment plus que jamais nous réalisons l’importance du toucher.

En tant que psychothérapie par le toucher, l’art thérapie par les arts plastiques permet de se réapproprier une sensibilité tactile. En touchant la terre ou la peinture, une mémoire tactile très ancienne se réveille .

Nous avons voulu oublier que nous sommes des animaux, que nous n’avons pas un corps mais que nous sommes un corps. N’oublions pas que ce qui définit notre humanité c’est notre ouverture au monde, notre dépendance à cet environnement dans lequel nous naissons.

Nous ne sommes pas des êtres purement intelligibles, coupés du monde extérieur, étrangers à la nature. Nous faisons partie de cette nature et nous en dépendons : nous avons besoin d’air, de nourriture, de lumière, de verdure, de fleurs, d’animaux, d’eau. La matière n’est pas sale, elle nous constitue. Nous sommes chair parmi les chairs, ouverts au monde avec d’autres. En constante interaction.

Acceptons cette dépendance ; la mort, la maladie mais aussi la vie, l’amour. Acceptons d’être fragiles et sensibles et transformons cela en force. Jamais nous ne deviendrons des êtres sans corps, jamais nous ne serons remplacés par des robots et nous ne le voulons pas.

Nous ne voulons pas communiquer par écrans interposés, nous voulons voir nos visages, nos sourires et nous toucher. N’acceptons pas cette déshumanisation qui fait le profit des puissances du net, désireuse d’accroître leur richesse quitte à ce que nous tombions tous en dépression.

Notre sensibilité a de la valeur et du sens

Soyons fiers de notre corps et de notre sensibilité qui ont toujours été dévalorisés depuis l’idéalisme platonicien rangeant le bien, la vérité du côté d’une âme sans corps, masculine. Rangeant le mal et la fausseté du côté du corps, de la nature, du féminin. Cette dévalorisation du corps et de la subjectivité, de l’affectivité est une stratégie de pouvoir. Car qui ne sait pas ce qu’il ressent, qui perd confiance dans son ressenti se cherche un maître et devient donc l’esclave de ceux qui prétendent détenir la vérité. Revendiquons la valeur de notre subjectivité, de notre sensualité.

Nous irons mieux en touchant

Ainsi dans cette tradition dans laquelle nous vivons encore et qui suit une logique d’exploitation et de domination, le toucher fait peur. Toucher c’est sale. C’est pourquoi certains rêvent de sexualité sans toucher, le sexe par Internet se développe.

Pourtant le psychanalyste Boris Cyrulnik a montré l’importance d’être en contact physique les uns avec les autres. Il a prouvé que lorsque nous nous isolons sensoriellement; par exemple lorsque nous déprimons et que nous voulons voir personne, cela crée des lésions neuronales. Dès que nous sommes à nouveau en contact avec d’autres, notre cerveau fonctionne mieux. Il a prouvé qu’un  bébé qui n’est pas touché ne se développe pas et finit par mourir. Si en ce moment nous avons besoins des ordinateurs, il ne faut pas nous y habituer.

Ne laissons pas s’installer une société froide et lisse comme l’écran. Prenons conscience de l’importance pour notre épanouissement du toucher. Les personnes psychotiques qui n’ont pas conscience des limites de leur corps par le toucher souffrent énormément.

Une thérapie par le toucher

Ainsi en art thérapie je propose une thérapie par le toucher. Il s’agit de retrouver un contact sensoriel avec la matière : la terre ou la peinture. La personne peint directement avec les mains et modèle  avec les mains retrouvant ainsi le toucher par lequel le petit enfant découvre le monde. Retrouvant cette part de jeu et de contact direct avec la matière, retrouvant cette créativité, cette spontanéité d’un rapport au monde par trop dicté par l’intellect de l’adulte qu’il est devenu. Un adulte ne se met pas les mains dans la peinture ? Pourtant il ira beaucoup mieux s’il le fait.

Mais cela lui semble dégradant, dévalorisant parce que ce qui a de la valeur est toujours placé sous le signe de l’immatériel, de l’intellectuel mais aussi du sec.

Revalorisons l’élément liquide associé au féminin

Ainsi les matières liquides et molles, douces au toucher inspirent à certain le dégoût et la peur. Parce que ces matières sont associées à la nature et au corps féminin, dévalorisés dans notre société patriarcale. Pourtant le toucher avec le liquide et le mouvant est notre toucher le plus ancien, celui qui constitue la conscience de notre être et de notre peau : le liquide amniotique. Pourtant la caresse de l’eau et les caresses dispensées par notre mère, le contact avec cette chair douce et souple nous donne la vie.

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Avec l’élément liquide a été en même temps dévalorisée la lenteur , également associée au féminin.

Revalorisons la lenteur associée au féminin

Dans notre société c’est la rapidité qui est valorisée c’est-à-dire l’aptitude à atteindre un résultat le plus vite possible. Pourtant il existe d’autres rythmes, des rythmes lents comme celui de la gestation qui créent en profondeur. Comme celui de la maturation des fruits. Les tomates en hiver ne sont pas bonnes. Préférons les tomates lentement mûries par le soleil de l’été.

La lenteur est un élément indispensable à la thérapie que je propose : elle permet une évolution en profondeur. Non pas dans le but d’obtenir très vite un résultat qui brille. C’est pourquoi les séances d’art thérapie que je propose dures deux heures : il s’agit de se détendre et d’entrer dans une temporalité autre que la temporalité marchande.

Le temps ce n’est pas de l’argent, c’est la maturation de l’être.